Provence

La Provence

Le premier vignoble de France

Déguster un vin de Provence, c’est déguster un morceau d’histoire. C’est, en effet, près de 2600 ans de patrimoine qui s’expriment dans ce vignoble, considéré comme le plus vieux de France.

Les origines

Tout débute au VIème siècle avant J-C quand les Phocéens fondent Marseille. Ils profitent de la prolifération de nouvelles activités dans la région pour y introduire la vigne.

A partir du IIème siècle avant J-C, les Romains s’installent sur ces terres anciennement phocéennes. Ils vont développer la culture de la vigne, c’est l’époque où est fondé la ville de Fréjus ainsi que la ville d’Aix-en-Provence. Rome s’étend, l’évolution de la vigne suit les pas des conquérants.

L’influence ecclésiastique

Après la chute de l’Empire Romain, la seconde période importante pour le vignoble provençal est le haut Moyen-âge. Les territoires vignobles sont placés sous la tutelle des ordres monastiques.

Entre le Vème et le XIIème siècle, le vin produit par les grandes abbayes sert pour la messe et la consommation personnelle des moines mais est aussi commercialisé. Les revenus induits par le vente de vin assurent un support confortable pour ces ordres.

A partir du XIVème siècle, les choses changent un peu à partir du moment où l’on se met à céder des propriétés viticoles à des nobles ou même des bourgeois (après la révolution française). Le flambeau pour la préservation de la vigne est transmis.

Les prémices de la viticulture moderne

Mise à part l’épisode du phylloxéra, plus tardif que dans les autres vignobles, les choses restent plutôt stables dans le vignoble provençal. Cet état de fait va tenir jusqu’au XXème siècle où survient un problème de surproduction.

Les viticulteurs comprennent qu’un regroupement va être nécessaire si ils veulent pouvoir toujours faire valoir leur patrimoine régional. C’est le début de la viticulture coopérative en Provence. Après la création de l’institut national des appellations d’origine, la longue route vers l’AOC démarre pour le vignoble.

Un vignoble particulier

Le vignoble provençal s’étend d’Ouest en Est sur près de 200 kms. Il couvre principalement les départements du Var et des Bouches-du-Rhône.

Le vignoble provençal représente maintenant plus de 27 000 hectares d’AOC. Un peu plus de 88% de la production du vignoble est en rosé, 8% en rouge et un peu plus de 3% en blanc. La Provence est toujours restée leader dans la production de rosé sur le territoire national étant donné qu’elle compte pour 35% de la production nationale et 5.6% de la production mondiale.

Il est intéressant de noter que le canal de distribution majoritaire est toujours la grande distribution. Cette caractéristique tend à évoluer puisque la vente en direct et l’export prennent de plus en plus de valeur.

Des appellations peu nombreuses

Dans la région, 3 appellations régionales dominent plus de 90% de la production:

  • Côtes de Provence
    Cette appellation est répartie sur 20 000 hectares, elle produit du vin rosé, du rouge ainsi que du blanc. L’élaboration de rosé domine puisqu’elle représente 90% du total, le vin rouge compte pour 7%, le blanc pour 3%. Conséquence des caractéristiques du vignoble, on dit qu’il y a plusieurs types de Côtes de Provence. On peut tout de même séparer l’aire de l’appellation en deux grands ensemble géologiques: un plutôt calcaire au Nord et à l’Ouest puis un majoritairement cristallin au Sud et à l’Est.
  • Bandol
    Château Romassan, l'un des grands noms de Bandol
    Château Romassan, l’un des grands noms de Bandol

    L’appellation « vin de Bandol » ou « Bandol » a été reconnue par décret en novembre 1941. Elle est l’une des appellations emblématiques de la région Provence autant dans son encépagement que dans ses caractéristiques plus globales.
    Elle concerne plusieurs communes autour de la ville de Bandol, notamment, Sanary, Le Castellet, Evenos, Saint-Cyr-sur-mer,… Les conditions de production, comme pour la plupart des appellations, sont assez sévères.
    Les cépages autorisés pour bénéficier de la dénomination sont très locaux. On trouve, pour les rouges, des noms tels que: le Mourvèdre, la Grenache, le Cinsault. Pour les blancs, l’Ugni Blanc, la Clairette et le Bourboulenc sont majoritaires.

  • Coteaux d’Aix en Provence
    Cette appellation couvre 4000 hectares de culture. Le climat de cette zone est très marqué par le mistral. Il faut savoir que les vents sont nombreux en Provence et font partie du climat de la région, le mistral est le plus connu mais aussi le plus actif. Glacial en hiver après avoir glissé sur les neiges alpines, il apporte une certaine fraicheur en été. L’aspect le plus important du mistral est que c’est un vent très sec, parfait pour les vignes puisqu’il va les protéger de toutes les maladies liées à l’humidité.
  • Coteaux Varois en Provence
    Le terroir de l’aire de production est compris dans la région de la « Provence calcaire ». L’altitude du vignoble de 350m en moyenne ainsi que la présence de massifs rocheux au Sud, Nord et Ouest qui arrêtent les influences maritimes confèrent un caractère continental au climat de l’appellation. Répartis sur 2500 hectares, les Coteaux Varois produisent 89% de rosé, 8% de rouge ainsi que 3% de blanc.

Point intéressant, la Provence a commencé à obtenir des dénominations « Crus classés » la même année que Saint-émilion pour le bordelais. Aujourd’hui, on compte 18 domaines et châteaux profitant de cette mention. Ce sont les seuls rosés au monde à pouvoir en profiter.

Un futur prometteur

En France, les indicateurs sont au « rose » depuis un peu de temps maintenant. En effet, depuis les années 90, la consommation de rosé n’a jamais cessé d’augmenter. Elle atteint le record de 30% de la consommation totale de vin en 2013.

Le rosé est passé du statut de vilain canard à celui de produit tendance. Il bénéficie d’un réel engouement auprès du public: près de 9 consommateurs sur 10 disent boire du rosé. Soit un marché potentiel de 36 millions de personnes.

On est bien après le simple effet de mode, le rosé a su s’imposer dans une société des plus changeante. La notoriété toujours grandissante de ce vin est la traduction même des changements qui s’effectuent: des repas moins structurés, l’expansion de la cuisine du monde, la simplicité, la découverte, la convivialité et le besoin du plaisir immédiat.

Avec le rosé, le consommateur semble avoir été intrigué par cette image plus libérée du vin, affranchie des codes traditionnels. A la lumière de ces caractéristiques, on peut dire que la Provence a encore un bel avenir grâce au rosé. De plus, le rosé sec et clair provençal séduit dans les limites de l’hexagone. Il séduit aussi plus à l’extérieur comme le montre la hausse de 15% des exports entre 2002 et 2012.

Une palette variée de cépages

La Provence est marquée par une certaine diversité de climats et de terroirs mais aussi de cépages. On en compte une douzaine qui entrent dans la composition des vins d’appellations, chez les blancs tout d’abord:

Cépages blancs Résumé
Rolle Cépage d’origine ligure, cultivé depuis toujours en Provence
Robuste et d’une très grande qualité gustative
Ugni blanc Cépage d’origine toscane aux baies rondes et juteuses
Donne un vin clair et fruité, d’une grande finesse
Clairette Très ancien cépage de Provence, rendement faible
Offre des vins aromatiques et bouquetés aux notes de fruits à chair blanche
Sémillon Cépage vigoureux, productif mais qui crains énormément la pourriture
Peu utilisé, il apporte une certaine puissance aromatique, du gras, de la rondeur et une belle élégance
Bourboulenc Tardif, robuste, rustique, ce cépage reste discret en Provence
Il apporte de la rondeur au vin

Chez les rouges/rosés ensuite:

Cépages rouges et rosés Résumé
Syrah Cépage à baies noires aux reflets bleutés, donne des vins solides et colorés
Vin rude les premières années car tannique, large potentiel de vieillissement
Grenache Cépage originaire d’Espagne, très utilisé en Coteaux d’Aix-en-Provence
Donne des arômes élégants dans les premières années, des notes plus épicées par la suite
Cinsault Cépage d’origine provençale longtemps utilisé comme raisin de table car très gouteux
Largement utilisé pour faire du rosé provençal, il nuance les autres cépages avec sa fraicheur
Tibouren Authentique provençal, délicat et élégant
Partenaire des autres cépages, il apporte de la finesse et un bouquet riche
Mourvèdre Cépage à maturation lente, préfère les terroirs calcaires et chauds
Donne des vins charpentés aux tannins fins, veloutés après quelques années
Carignan Habitué des sols pauvres, ce cépage très présent en Provence se fait plus discret
Cultivé en coteaux, faible rendement
Des vins charpentés et généreux, base pour de l’assemblage
Cabernet Sauvignon Peu répandu dans la région, il apporte au vin une charpente tannique, puissante